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Publié par Aline - prof de FLE

Karaoké
Ici, les gens qui partent font généralement un nombre quasi incalculable de fêtes de départ, le maximum ayant été atteint par un certain chef d’entreprise, qui a mis trois semaines à se décider à partir au Vietnam, c’est-à-dire pas loin du tout. Avec fête tous les soirs, où il payait les verres à tout le monde, mais bref. Et leurs fêtes de départ à eux ne finissent généralement pas en incendie, ce qui est plutôt cool pour eux.
Comme ça, donc, j’ai un pote qui a fait deux soirées de départ de suite, une chez lui avec pas grand monde (un mercredi soir, aussi, quelle idée), des tonnes à manger, et des trucs trop bons, en plus (Tom Yum : soupe de curry de coco, mmmmmh… et des nems trop bons… et aussi plein d’autres trucs que je vous ferai goûter quand vous viendrez me voir, puisqu’évidemment vous êtes tous en train de regarder les billets pour mars-avril). Mais bon, il en restait des tonnes, la soirée s’est terminée à minuit et voilà. Du coup, rebelote le lendemain, et karaoké.
Alors à Vientiane et, par extension et selon ce qu'on m'a dit, au Laos, en Thaïlande et au Japon, le karaoké, c’est pas du tout un système pour se ridiculiser en toute conscience devant tout un tas d’inconnus dans un bar, sur une grande scène. Déjà, on ne se ridiculise que devant les potes, et en plus, ça se passe dans une petite salle, au premier sous-sol d’un gros hôtel, style salon avec un canapé, une table basse et une télé + deux micros. Les serveurs passent de temps en temps la tête devant le hublot de la porte pour vérifier le niveau des boissons. Y’en a aussi avec la formule bar + scène (et même + groupe live qui joue la musique, donc c’est plus vraiment un karaoké, faut juste connaître la chanson par cœur), mais c’est en général des chansons en thaï. Et pour choisir les morceaux, on a un classeur : soit des chansons en anglais, en lao, en thaï, ou même en chinois, japonais, ou coréen. Et des fois, les paroles des chansons en thaï sont sous-titrées avec une orthographe phonétique à l’anglaise, ce qui est quand même vraiment plus facile à lire… Donc c’est marrant, mais ça fait très mal à la tête très vite, vu que le son est aussi fort que si on était dans un bar et en plus, tout le monde hurle. Aïe.

Week-end à Vang Vieng

Je vous ai certainement déjà parlé de Vang Vieng, la ville où passent tous les backpackers pour remplir leurs estomacs et leurs veines de substances illicites, au milieu de paysages magnifiques et de Vang-Vienais hésitant entre la stupeur de voir leur petit coin de paradis virer au repère de drogués en sous-vêtements et le désir de leur soutirer le plus de sous possibles (et ils ont bien raison !!!)… Et ben avec les potes, on a décidé d’aller y passer un petit week-end (départ samedi matin, retour dimanche soir) à neuf, histoire de sortir de Vientiane.
Donc on part super tôt à deux voitures sur les routes zig-zaguantes…pendant deux heures… et on arrive dans notre hôtel-guesthouse cher et réservé à l’avance (avec des expats, normal…), mais des problèmes de réservation quand même (re-normal) vers onze heures (bon, ok, j’ai dit qu’on était partis super tôt, mais en fait on voulait partir super tôt, mais y’en a deux qui sont arrivés au rdv à la maison avec une heure et demie de retard, raaaaaaah), on pause les affaires, on mange, et on décide de partir pour une expédition tubing. Après une sieste, of course (on s’était levés vachement tôt, donc, bon, hein).
Le tubing, en gros, consiste à faire des kilomètres assis dans un pneu de camion, sur la rivière qui passe à Vang Vieng ( la Nam Song ). C’est une activité très prisée par le backpacker moyen et très méprisée par l’expat du coin moyen. Donc on a pris sur nous pour se jeter à l’eau.

En fait, on réserve des bouées dans un magasin, et ils nous emmènent au point de départ, à environ 10km de Vang Vieng, en pick-up. Et après, on doit se débrouiller pour arriver jusqu’à l’endroit où on a réservé les bouées. Enfin, les pneus.

J’avais encore la côte un peu cassée de ma chute sur le perron à cause du gars d’EDL, et ma potesse Vané avait un genou en vrac à cause d’un accident de moto, donc on était deux à moitié handicapées avec sept joyeux lurons qui n'avaient pas froid aux yeux, dont un qui dit qu’il sait pas nager, mais j’y crois pas, vu que je l’ai vu nager (y’a quand même des gens qui disent des choses étranges, des fois). (Oui, je me rends bien compte que j’ajoute des fois des détails inintéressants…)

Donc voilà, quand on a fini par mettre les fesses dans l’eau par le trou de la bouée, il était environ 15h30, voire 16h. Voire 16h30. Je sais plus. Mais pas tôt, quoi. On a commencé à voguer tranquilles, en remuant un peu les bras, les mains, les pieds pour démarrer, et en se laissant entraîner par le courant ensuite. Dix minutes comme ça, ou plus, et on entend de la techno horrible de loin, qui se rapproche petit à petit, avec un perchoir qui apparaît.
C’est tout simplement un bar de berge avec un perchoir (ou un sautoir ? je sais plus le mot….ah, si !!!) un plongeoir et une truc-ienne (mongolienne? tyrolienne?) pour sauter en se tenant à un fil. Non, pas une liane, un truc qui glisse. On s’arrête, parce que les casse-cou ont évidemment envie d’essayer, et on se fait pêcher comme de vulgaires poissons par les laotiens qui tiennent le mini-bar avec de la vodka et de la bière en vente au seau. Mais non non, on va juste se contenter de jouer à Tarzan, merci !

Alors après quelques youhou !!!! plouf !!! Juana ! juana ! youhouuuu ! plouff !!! allez, Reeve, vas-y !!! pas grave si tu sais pas nager, t’as un gilet !!! Youhouuuu ! plouf !!!! et des sauts à deux, et un saut périlleux, on a repris nos bouées, et on est repartis. Youhou !!!
Jusqu’au prochain bar de berge, à quelques dizaines de minutes de là, le soleil qui commençait à redescendre dangereusement, et un plongeoir avec truc-ienne très haut perché… mais alors vraiment très haut. Et un terrain de volley. Et des beerlaos. Et des tas d’anglo-saxons grassouillets, rouges, blonds, et bourrés jusqu’à la moëlle. Y’avait sûrement d’autres nationalités aussi, mais l’anglo-saxon blond et rouge est quand même très commun.
On a donc failli fuir très vite, mais les casse-cou avaient besoin d’émotions fortes, donc on a confié nos bouées à l’arrivée, commandé quelques beerlao, et ils se sont (presque) tous lancés. Ca avait l’air vraiment terrorisant, j’étais très contente de m’être cassé la côte, parce que j’aurais jamais eu le courage, déjà de monter sur l’échelle, mais encore moins de me laisser tomber dans le vide.

Vu que c’était assez long entre deux personnes et qu’il y avait plein de gens, le soleil était déjà bien bas quand on est repartis de là, avec une bouée en moins, volée par un des méchants touristes. Pfffffffffff. Et donc deux d’entre nous ont partagé une bouée, et re-vogue la galère. Mais alors là, le soleil a fini par se coucher assez vite, la rivière n’était éclairée que par la lune, c’était étrange. Y’en a trois qui sont partis devant en attrapant un courant plus fort, donc on se hurlait « Vanéééééé !!! Rourou !!!! Vous êtes où !!!! Deniiiiis !!! ». On a fini par se rattraper à un autre bar de berge où on ne s'est arrêtés que pour se venger des anglais et leur piquer une bouée, et même prendre au passage un irlandais qui s’est mis à chanter une chanson traditionnelle à tue-tête, ce qui a entraîné une décision unanime et assez rapide de l’abandonner. Surtout qu’il menaçait (pas consciemment, of course) de crever la bouée de Denis avec sa clope.
Et puis de toute manière, y’avait plein d’autres Irlandais seuls et abandonnés, ils avaient qu’à faire comme nous. C’est-à-dire qu’on faisait un gros groupe, à se tenir par les bras, les mains, les bouées, et c’était la panique totale quand un de nous lâchait (en exagérant un peu, évidemment).

Au bout de … longtemps, et de quelques « levez les fesses, rocher devant !!! », on est arrivés vers des habitations, mordus par les moustiques et émerveillés par les lucioles… petit à petit, on se rapprochait enfin de notre point d’arrivée. Qui était évidemment un des derniers avant la sortie de la ville, et qu’il ne fallait donc pas louper, si on ne voulait pas se retrouver loin de Vang Vieng, sur l'eau, au milieu des serpents et autres bêtes sauvages. Sauf que le courant était quand même assez fort, la saison des pluies venant de terminer. Des petits ont essayé de nous repêcher à côté d’un autre bar de berge sur une île, mais c’était encore trop loin de chez nous, donc on leur a demandé de nous laisser voguer, à l’affût de nos lumières. Des italiens que j’avais pris pour des suédois nous ont rattrapés et ont un peu vogué avec nous pour trouver la sortie… dans le noir, avec tout le bruit de l’eau et vu qu’on parlait en anglais, je vous assure que c’est possible de confondre un italien avec un suédois… Et là, soudain, devant nous : notre point de sortie, ouais !!!! On commence à manœuvrer pour sortir, en croyant qu’on n’avait pas pied, donc on se met à pagayer avec les mains et les pieds comme des malades, les italiens continuent leur chemin, je vois les autres qui sortent de l’eau, et avec Juana, on se fait entraîner un peu après… on pose pied à sol de rivière, c’étaient que des galets qui bousillaient les pieds… les bouées, trop grosses pour qu’on les soulève, nous entraînaient en arrière, Juana se fait attraper la main par Reeve, qui la retient, elle me tend la main, je tends la mienne, ma bouée me tire en arrière, j’ai trop mal aux pieds, je lâche. Tant pis, je prendrai la prochaine sortie.
Donc je me laisse emporter par le courant, un peu paniquée quand même, vu que la prochaine sortie est la dernière, et donc j’essaie de rattraper les italiens, en ressortant du fin fond de ma mémoire les restes de mes 7 ans d’italien (…) : « Esperan… euh… » (bon, ça a redisparu, y’a que de l’espagnol qui me vient… mais dans la panique, j’ai assuré !), et finalement j’aide une italienne à sortir d’un endroit sans courant dans des plantes avant de m’y mettre aussi et de m’en sortir toute seule… et finalement, voilà, j’arrive à sortir de l’eau au même endroit qu’eux. Aaaaaah. Soulagement.
Sauf que je suis pieds nus, trempée, sans lunettes, et que je sais pas où est mon hôtel… ma bouée plus grosse que moi à la main, je prends vaillamment la route en clignant des yeux, et je demande à des laos « Hong hèm Taven Souk you saï ? » (il est où, l’hôtel Taven Souk ?)(oui, je mets du laos histoire de crâner un peu, vu que ça a été un échec total avec l’italien). Heureusement qu’on utilise les bras et les mains pour montrer les directions, parce que je reconnais pas encore « droite » et « gauche »… et je continue mon chemin… et là, une grosse jeep m’arrive dessus, Marie en descend en bikini en brandissant « tes lunettes !! »… et voilà. Bon, Juana et Antoine sont revenus 10-15 minutes après moi, parce qu’ils étaient partis me chercher en bateau…
Quelle aventure !!!

Je passerai vite sur le lendemain, retour avec Sandrine en bus parce que Reeve et Juana voulaient prolonger d’un jour (avec leur voiture), où on a failli se faire jeter comme des malpropres sur la route parce qu’on avait donné notre billet à un gars de la gare de bus en montant, et que du coup on n’avait plus rien pour prouver qu’on avait payé ça s’est arrangé à coups de fil…

Bon, là, ça fait un peu long, toutes ces histoires. Depuis, j’ai commencé les cours de danse orientale (= danse du ventre avec ceinture qui fait tching tching autour des fesses), et on fait un pestacle dimanche prochain (autant dire que je vais me ridiculiser en public, avec mes pauvres 5 cours derrière moi), j’ai pris une femme de ménage (le bonheur d’avoir une maison propre sans y passer des heures par semaine… c’est la femme de ménage de mes voisines, et elle a demandé à faire des heures chez moi, alors pourquoi pas, hein…oui, je la paye, évidemment !), décoré un peu les murs avec des photos, et je bosse à plein pot…

Mon ex-coloc Laure revient ce soir pour deux semaines pour présenter le résultat de son travail sur la Nam Song (rivière de Vang Vieng) à une conférence de la Mékong River Commission, donc ça risque pas d’être calme avant un petit bout de temps. Dès qu’elle part, j’enchaîne sur un long week-end, peut-être à Luang Prabang, je sais pas…

Voilàààà. Venez me voir !!!!

Plein de bises à tous…

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Reeve 02/09/2008 15:41

Juste une précision. Je confirme que je sais nager les 50m minimum requis pour faire du surf. Au-delà, point de salut. D'ailleurs je partirai faire du surf dans les pays basque à la fin de la semaine.Ah oui, les anglo-saxons comprenaient une forte proportion d'Australiennes facielement reconnaissables à leur actions intrépides, leur état d'ébriété avancé et leur gabarit important.Lakone (et je reste poli hein!)