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Publié par Aline - prof de FLE

Je voudrais pas non plus vous rendre (encore plus) jaloux... mais bon, là, quand même... Samedi, je me suis acheté un scooter tout neuf (là-dessous et en vert foncé), de la marque Kolao: c'est Coréen, ils assemblent les pièces au Laos. J'ai payé une partie en Baths (maonnaie thaïe), le reste en Kips (monnaie Lao) et, en sachant que j'avais 2 millions de Kips en billets de 10 000 (les billets de 50 000 kips viennent d'entrer sur le marché et sentent encore le neuf), je vous laisse imaginer la liasse de billets que je trimballais.

Comme je n'avais jamais conduit de deux-roues avant, Laure est venue m'aider, forte de son expérience sur un parking avec le chauffeur de l'IRD comme professeur, et on est parties, bringuebalantes, avec comme objectif de trouver de l'essence, parce qu'on n'en avait pas beaucoup... Donc on s'est arrêtées au premier garage qu'on a vu, et ils ont commencé à tout tripoter sur mon beau Scooter, en pensant qu'on avait un problème. Alors j'ai dit non, non, non!, et ils ont compris après beaucoup de tests gestuels et onomatopétesques que je voulais juste de l'essence. Donc le garagiste sort une bouteille de Johnny Walker avec du liquide rose dedans. Logique. Ca m'a fait très peur (c'est quand même pas gratuit un scooter!!), donc je lui ai refait comprendre d'arrêter, jusqu'à ce qu'un anglophone arrive et nous explique que c'est bien de l'essence... Et là, il commence à tomber des cordes, des hallebardes, des chiens, des chats, tout ce que vous voulez... Heureusement qu'on était à l'abri... et surtout mon joli scoot... Donc voilà, il met de l'essence, et on attend patiemment que la pluie s'arrête, en se racontant nos journées de la veille (Laure est allée rencontrer des gens important pour son étude de la gestion de l'eau des bassins versants du Mékong, et ils l'ont accueillie en mangeant tout une chèvre (jusqu'aux sabots!!!) en son honneur, et en arrosant tout le repas de whysky).

La pluie ramollissant, on remonte sur notre fier destrier un peu gauche quand même, direction le centre de langues pour aller voir des courts-métrages (sélection du festival de Clermont). En plein milieu du chemin - moins d'un km plus tard - , une grosse pluie vengeresse s'abat sur nous, avec des gouttes violentes qui nous tapent les bras, donc on s'arrête sous la corniche d'une maison qui devait être un magasin... les restes de la devanture (bon, c'est pas le bon mot: la toile cirée qu'il y a au-dessus d'un magasin?...) bougent avec le vent et nous arrosent sérieusement avec les rafales, comme si on nous envoyait des seaux d'eau par intermittence, juste le temps de re-remplir. Mortes de rires... c'est quand même assez agréable, vu qu'on était en train de dégouliner de chaud, au moins la pluie est fraîche! On observe un nouveau ramollissement pluvial, et donc on repart au Centre de Langues, où on arrive pile au début de la séance, qu'on terminera gelées et presque sèches (vive la clim'!). Un petit film très court et assez marrant: Carlitopolis.

En sortant, prise d'un élan de témérité complètement injustifié (à part par le retour du soleil?), je décide de sortir du parking au guidon de mon super-scoot... et dans un nouvel élan, de panique cette fois, je fonce mollement m'encastrer dans la voiture de fonction du centre, un gros 4x4 blanc, qui se retrouve avec une grosse tache noire que je m'empresse d'effacer à l'aide d'outils fort utiles et facilement transportables (doigt + salive... MacGyverette!!), pendant que les gardiens (que ça n'a pas du tout amusé) viennent voir l'étendue des dégâts et me demander mon numéro de téléphone... tralalalaaaa. Laure reprend le guidon, et on part déposer le monstre à la guest-house (chambre d'hôtes n'est pas du tout une traduction qui conviendrait, puisqu'il n'y a pas du tout d'accueil familial, on dirait plutôt un hôtel-villa...voyez par vous-mêmes ici), histoire de finir la soirée vivantes.

Puis on va en ville à pied, tranquillement. Enfin, je crois. Ha oui, on a mangé dans un restau un peu nase, avec des chats tout décrépits qui tournaient autour de nous: ils avaient les formes de chats siamois (tout fins, avec un museau en long... enfin, siamois, quoi), mais pas du tout gris et noir, plutôt de toutes les couleurs (en sachant que c'étaient quand même des couleurs de chats, pas de vert, rose, ou bleu...). Et retour en touk-touk.

Le lendemain, dimanche, un agent immobilier que j'avais contacté totalement par hasard (annonce sur la vitrine d'une superette dans laquelle on trouve les aliments par pays: japon, france, angleterre...) est venu me chercher avec son scoooter (parce que j'avais trop peur de conduire le mien) pour me faire visiter des maisons. Après 3 maisons avec ou sans meubles/ climatisation/ accessibilité facile, j'ai flashé sur la 4e, et je croise les doigts pour l'avoir. Normalement, c'est OK, mais j'attends d'avoir les clés avant de dire quoi que ce soit de certain. Et en visitant les maisons, on a pas mal discuté, et il m'a dit qu'il n'y avait absolument pas de serpents à Vientiane, et même pas dans les rizières, qu'on n'en trouvait qu'en forêt. Comme en France, quoi. Donc ce n'est pas utilisable comme excuse pour ne pas venir.

En fin de journée, j'ai rencontré une autre de mes collègues, Myriam, super sympa, avec son homme (qui l'a suivie ici et s'est trouvé du boulot aussi), et on est tous allés (avec Laure et une autre stagiaire de l'IRD) dans un restau absolument excellentissime (non, je passe pas mon temps à manger: j'ai décidé de jeûner, ce soir!), mi thaï-mi lao... mmmmh!! Et re-retour en touk-touk...

Aujourd'hui, je suis allée au Centre de langues histoire de tenter de rencontrer mon supérieur pédagogique et essayer de commencer à bosser, et j'ai réussi à le trouver... on a papoté de tas de trucs, et, en gros, je dois donner pas mal de cours jusqu'au mois de juillet, et puis j'attaque le programme Valofrase, pour développer l'enseignement du français. Vaste projet!! Il me tarde vraiment d'être au mois de Juillet, parce que les cours, hein...

Et voilà, il m'a dit que j'irai avec lui le lendemain à Dong Dok (la fac)(la photo, c'est un bâtiment administratif: la fac de langues est nettement plus pourrie!) pour voir des gens et essayer de me constituer un emploi du temps. Donc pas grand chose à faire... Je suis donc allée assurer mon scooter, dans une agence AGL (=AGF au Laos) dans laquelle personne ne parlait anglais. Donc ils ont commencé à remplir des formulaires, et un autre est fini par arriver pour me faire la traduction. En rentrant à la guest-house, j'ai collé mon sticker sur mon scooter, et je suis partie faire un tour très hésitant et dégoulinant sous mon casque (les casques ne sont obligatoires dans les faits que depuis deux mois, apparemment: pas mal de gens les portent, aussi parce que ça les préserve du soleil, qui les fait bronzer... et évidemment, ils préfèrent avoir la peau blanche, ça fait plus classe... alors que les blancs essaient de bronzer au maximum...! Sinon, c'est une amende).

Toute fière, j'ai appelé Laure pour qu'on aille faire un tour, et j'ai bravement affronté la circulation totalement hiérarchique (euh....) anarchique pour aller jusqu'à la poste, où elle était, puis de la poste à la station essence (j'avais vu le fonctionnement avec l'agent immobilier: faut donner 20 000 kips, et un monsieur habillé en Shell remplit le réservoir), après un démarrage-prise d'équilibre très virevoltant (j'avais quand même attendu qu'il n'y ait personne avant), parce que d'un seul coup, on était deux... et enfin, de la station essence au Pha That Luang (Grand Stupa Doré).

En gros, il a été construit il y a longtemps pour recueillir (soi-disant: on l'a jamais retrouvé) un morceau d'un organe du Bouddha, puis détruit par les envahisseurs siamois (non, pas les chats), sur-détruit par les birmans, reconstruit très moche en béton par les français-new-génération, et détruit par les mêmes français (après maintes protestations des Laos) pour le reconstruire tel qu'il était à l'origine (avec tout cet acharnement, pas étonnant que des morceaux de bidoche aient disparu!!).

On a fait un peu le tour, en prenant des photos des deux temples qui le gardent au Nord et au Sud, et on s'est fait héler par des bonzes (plus âgés que ceux de la photo, et pas très mystiques, les gars, parce qu'en fait chaque homme est censé faire une retraite comme bonze au moins une fois dans sa vie, de préférence à la fin de la scolarité) qui nous demandaient si on parlait Lao. Ben non. Pas encore, mais ça viendra! On a aussi vu une bonzette: les femmes peuvent aussi devenir bonzes, mais elles portent un habit blanc et elles se rasent la tête.

Là, sur les marches en face du Stupa, on a attendu que le soleil décline avec la chaleur, en regardant des enfants jouer à cache-cache et le jardinier de la ville arroser les plantes et les arbres du haut d'un gros camion-citerne, à l'aide d'un kärcher (et on s'est demandé si Sarko y était pour quelque chose, mais sûrement pas). Et retour avec la nuit tombante: j'ai déposé Laure en maîtrisant presque complètement mon fier destrier. Et à la guest-house, j'ai enfin pu profiter de la piscine, l'eau aussi chaude que l'air...

Non, vraiment, ça va, là...
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