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Publié par Aline - prof de FLE

...ou comment rester entier/entière dans un pays tropical.

 

1) Il ne "pleuviote" jamais

 

Surtout pas en période de réchauffement climatique, avec tous les satellites et le trou dans la couche d'ozone.

En partant avec Laure sur Giga-Scoot pour rendre visite à une de ses connaissances ici, et ensuite aller à un mariage (et donc en tenue) on venait de ramasser le linge, et j'ai senti une grosse goutte de pluie sur mon poignet... On ne s'est même pas posé de question: le ciel était un peu grisâtre, rien de très menaçant. Et pour aller chez Jean-Paul, il y en avait à peine pour 15 minutes.

Seulement, la grosse goutte a rapidement muté en dizaines de grosses gouttes, puis en verres d'eau accompagnés d'un éclair déchirant le ciel... Pendant que les verres se transformaient rapidement en seaux, on cherchait - toujours sur GS - un endroit pour s'abriter... au bout de 5 minutes, un peu trempettes, on s'est garées sous un porche. On se croyait à l'abri, mais la tempête s'est enragée. La pluie battante s'abattait sur la route, plus aucun scooter ne roulait, laissant place aux gros 4x4 qui commencent à pulluler... Les éclairs accompagnés de grondements de tonnerre nous terrorisaient, sous notre petit porche et nos casques (ça isole un peu du bruit). L'électricité se coupait, les feux rouges devenaient noirs et les voitures continuaient à rouler, les gens dans les maisons allumaient des bougies. Puis l'électricité revenait, les feux devenaient orange clignotant avant de reprendre une teinte normale, les gens éteignaient les bougies, lavaient leurs vitrines, et l'électricité se coupait. Et ainsi de suite. Le vent soufflait la pluie sur nous, alors qu'on lui tournait le dos et, avant d'en arriver au point de pouvoir être essorées en faisant un petit twist, on est parties en direction de ce qui paraissait être une guest-house...mais c'était en réalité un magasin de souvenirs chinois. La tenancière nous a très gentiment invitées à entrer nous asseoir au chaud, proposition que nous avons acceptée sans aucune hésitation... Sur nos tabourets, on a séché pendant une heure, et la conversation s'est limitée à ce que j'ai retenu de mon premier cours de Lao (Khoy hed viek you Dong Dok)(=je travaille à Dong Dok (=université), et aux deux mots d'anglais que connaissait la dame: "beautiful", en parlant de nos jupes achetées au marché, et c'était à peu près tout, en fait.

 

2) Il faut écouter les conseils des autochtones

 

Même s'ils sont français.

Quand la pluie s'est à peu près calmée, que le niveau d'eau sur la route a un peu baissé, on a pris notre courage à deux mains, le guidon aussi, direction chez Jean-Paul, qui habite Vientiane depuis 5 ans, a épousé une Lao et a monté une entreprise d'expéditions haut de gamme pour riches pré-retraités qui veulent faire semblant de partir à l'aventure (Asia Safari). Pour arriver jusqu'à chez lui, c'était un petit chemin de terre battue, et donc très boueux, avec un arbre qui est tombé en plein milieu... il y avait bien des rues bétonnées qui en partaient, mais on a suivi ses indications (données deux heures plus tôt, alors qu'il ne pleuvait pas encore), avec succès et rebondissements. On a papoté (principalement de sa fille, deux ans et demi, trilingue en théorie mais qui ne parle pas encore (faut encore qu'elle arrive à discriminer correctement les langues avant de se lancer, selon le père), il nous a fait visiter sa maison, qui est nettement moins bien que la mienne, à part pour les quelques oeuvres d'art: des tableaux magnifiques, du père de sa femme (qui est apparemment le plus grand peintre Lao), et des sculptures sur bois, d'un bonze qui a quitté le temple pour se consacrer à la sculpture (j'imagine qu'il a dû être tenté par la sculpture de modèles humains...).

Pour repartir, je lui ai demandé si c'était possible d'emprunter une des petites rues bétonnées, plutôt que la piste de l'aller... il a dit qu'elles étaient bloquées au bout par des travaux de rénovation sur une route qui va vers le centre. Qu'importe, j'y suis allée quand même. Après tout, on s'était faites belles pour le mariage, je n'avais aucune envie de rouler dans la boue. Résultat: en arrivant au bout d'une ruelle, effectivement bloquée, j'ai voulu passer entre deux poteaux de blocage... c'était plein de boue, on a commencé à s'enliser, le scoot a penché sur le côté, et il a fallu poser le pied pour se redresser. Sauf que c'était plus de la gentille boue, mais 10 cm de profondeur de bougnasse, et mon pied s'est retrouvé avec un masque de terre alors que j'avais rien demandé. Gaaaaaaaahhhh!!! Laure aussi a mis le pied dans la boue, et on a pu repartir... à la recherche d'une fontaine ou de n'importe quoi pour rincer tout ça... De toute façon, il faisait tellement humide que ça n'aurait jamais pu sécher et avoir une quelconque action bénéfique sur notre peau. Et ça fait plutôt moyen pour aller à un mariage.

La seule chose qu'on ait trouvée, c'est une grande flaque en face d'un restau. En se rinçant à peu près, on s'est rendu compte que ça puait horriblement, et on a fait pitié aux gens du restau, de l'autre côté de la flaque, qui nous ont invitées à profiter de leur tuyau d'arrosage. Ce que j'ai fait, vu que j'avais beaucoup plus de boue sur la jambe que Laure. Et on est reparties, pas exactement avec fière allure.

 

3) Un mariage au Laos

 

En fait, seule la famille proche assiste à la cérémonie, et les gens sont invités pour le repas. Là, c'est un des collègues de Laure, qui travaille dans un ministère et qui doit être fils de ministre aussi, qui nous avait invitées au mariage de son frère. Ca se déroulait dans un très grand hôtel, avec un mariage en haut et un mariage en bas. Et nous c'était celui du haut. Heureusement qu'on était passées chez Jean-Paul avant, parce qu'il nous a donné une enveloppe: en arrivant, il faut mettre une enveloppe avec de l'argent dans une urne destinée aux mariés. On nous a assises à une table avec des gens qu'on ne connaissait absolument pas, deux blancs et des Laos, dont un homme qui avait l'air d'être garçon d'honneur (costume noir et petit bouquet à la poche de la veste, et il y avait d'autres hommes habillés exactement pareil). La grande salle était aux trois-quarts vide... faut dire que le repas commençait à 19h30, et qu'on arrivait avec deux heures de retard. Et les gens ne sortent en général pas, que ce soit pour aller flâner, au boulot ou à un mariage, quand il pleut comme ça. Les assiettes aussi étaient vides, mais il restait des trucs à manger sur la table. On s'est jetées dessus, même si c'était froid. Trop faim!

 

Laure a finalement trouvé Thateva, on est allées le saluer, et en chemin on a remarqué les regards étranges sur nos tenues. En fait on était habillées en tenues plutôt traditionnelles, alors que toutes les femmes avaient de longues jupes en soie, des sin (à gauche). Bon. Et Jean-Paul nous a rien dit à ce propos, juste que "oui, c'est pas mal, vous êtes plutôt en tenue traditionnelle..."

 

Pendant qu'on mangeait, les autres invités faisaient les fous sur la piste (moyenne d'âge: 65 ans), à danser le rock, puis le madison (...) (non, vraiment, là....), et aussi une danse plus traditionnelle: le lam wong. Les couples dansent face à face, et avancent doucement sur le rythme en tournant les mains dans tous les sens, tous les couples à la queue leu leu dans une grande ronde toute calme. C'est sympa la première fois, mais vraiment, je comprends pas. Pas de contact, pas vraiment de regards non plus entre les gens qui dansent. On dirait que le seul intérêt est de suivre le rythme et de tortiller les mains le plus possible et de la manière la plus élégante possible. Après avoir tranquillement baffré sur notre coin de table, on s'est mêlées à la danse, entre rock, lambada (si!si!)(bon, pas dansée collés-serrés, hein, faut pas exagérer non plus) et tortillations manuelles (on s'est plutôt pas trop mal débrouillées, aux dires d'un lao qui n'y arrivait pas des masses (devait vivre ailleurs)). Quelques dames venaient danser et faire les folles avec nous, on s'est bien marrées.

A un moment donné, les mariés sont allés couper le gâteau. Elle avait vraiment l'air d'en avoir marre, la pauvre, à devoir sourire tout le temps. Ils ont coupé leur gâteau tout rose fluo avec un sourire accroché en haut des pommettes, et avant qu'ils ne le distribuent, beaucoup de gens sont partis (c'était dimanche soir, les gens travaillent le lendemain)(ou alors c'est la peur à la vue de cette espèce de pâtisserie nucléaire). On l'a quand même goûté (immonde, plein de crème, de beurre reconstitués, yiiiirk), et on est retournées guincher.

A onze heures, tout était fini. On nous a donné un bouquet de fleurs ("Souvenir!"), salutations à Thetava et à sa femme, puis aux mariés et à leurs parents (avec la légère impression d'être un peu parasites), et retour at home avec le bouquet dans le panier du scoot, et pas d'incident majeur sur la route.

 

4) Autres considérations d'ordre météorologique

 

En arrivant, j'ai trouvé un des arbres empalé dans la clôture, donc je l'ai libéré à coup de balai, le pauvre... Le lendemain, on a appris que c'était quand même une grosse fin de tempête qui était passée, et pas mal d'arbres sont tombés sur les routes, que ce soit à cause de la foudre ou du vent. Et c'est pas du tout normal à cette époque de l'année, évidemment. Voire même pas qu'à cette époque, aux dires de ma voisine british, Fiona, très sympa, qui est là depuis 4 ans et qui n'avait jamais rien vu de tel (suffit que j'arrive dans le pays....). 

 

5) ...

 

Sinon, j'en parle pas trop, mais niveau boulot, c'est plutôt tranquille pour l'instant: j'ai une quinzaine d'heures de cours, je dois mettre en place une formation pédagogique pour les jeunes professeurs, ce qui va être vraiment intéressant, et, plus tard, participer au développement du réseau de français (mais la responsable technique vient de partir un mois en vacances, donc pas grand chose à faire à ce sujet-là avant fin mai).

 

6) Vie sociale au Laos

 

Vendredi soir, on est allées fêter l'anniversaire d'une fille, et donc ça faisait très anniv à la française, une trentaine de gens dont quelques laos seulement. Ca s'est terminé vers 4h du matin, avec la musique à fond que j'avais sérieusement envie d'éteindre (mais bon, hein, ça se fait pas), histoire de laisser les voisins dormir. Samedi soir, expédition ethnographique dans un bar/boîte/salle de concert que les touristes ne connaissent pas. Un peu comme au Mexique, c'est un groupe qui fait des reprises qui joue. Ils jouaient très bien, d'ailleurs, des morceaux Laos et d'autres trucs (même Santana et Pink Floyd!)(c'était presque la Iguana...). Le bassiste avait des tas de cheveux et un air de rock star...Mounia, stagiaire à l'IRD avec Laure, a complètement flashé, et Laure disait qu'il ressemblait à Mowgli, un physique un peu étrange. Les chanteurs se succédaient, et apparemment même les gens du public pouvaient aller chanter, mais c'étaient principalement les gens du groupe qui le faisaient, dont une chanteuse qui avait une belle voix au début, et qui s'est mise à hurler à la Céline Dion à la fin, je me bouchais les oreilles tellement c'était affreux. Autant les notes inexistantes sur quelque gamme de la planète que ce soit, que son accent affreux sur certains mots en anglais.

On buvait nos bières (qui se commandent une par une, et pas par seaux, contrairement à Ciudad Obregon)(et les serveurs viennent les verser pour toi dans ton verre quand tu l'as fini, mais nous on a décrété que non, on n'aimait pas se faire servir comme ça)(et ils mettent des glaçons dans la bière, en plus!!) et Pepsi, tranquilles, quand des laos sont venus nous parler en anglais, en nous faisant trinquer à chaque fois que quelqu'un faisait mine de boire une gorgée. Ils étaient un peu lourds, surtout celui qui me parlait, parce qu'il répétait toujours la même chose ("Happy hour!!!"...donc j'ai pas pu m'empêcher de lui suggérer de dire "happy time", plutôt, histoire d'éviter la confusion). M'enfin, il était bourré, hein, donc n'importe qui serait lourd dans ces circonstances.

Le bar a pseudo-fermé à onze heures, et en fait tout le monde est sorti boire un verre sur la terrasse dehors. Le gérant, qui a habité une dizaine d'années en France, nous a saluées en français. Et là, c'étaient des histoires de minettes, entre Gwennaelle (française qui est là depuis 6 mois) qui a une histoire avec le guitariste, et qui a donc appris à Mounia, déçue, que le bassiste était marié avec un enfant mais restait ouvert à toute proposition (parce qu'en fait tout le monde se marie à 20 ans, et après c'est un peu n'importe quoi). Et on est rentrées plutôt tard. Et comme je suis une fille raisonnable (surtout parce que j'ai pas envie de mourir), j'ai pas bu du tout d'alcool parce que je conduisais (et je devais ramener Mounia, en plus).

 

7) Amélioration de l'habitat

 

J'ai emménagé la semaine dernière dans la maison (en pièce jointe, sauf si je l'oublie), et je m'équipe petit à petit... d'abord des draps, des bols et des couverts... puis des assiettes, un wok, à manger (du thé!!). Laure est venue habiter avec moi, donc au moins je suis pas perdue dans cette grande maison. Pour l'instant, n n'a pas de casserole, donc je fais le thé à la poêle, ça a le même goût, finalement. C'est un peu vide pour l'instant, et le salon en skaï vieux rose n'attend que d'être recouvert de beaux trucs, et les murs aussi.

 

En bas, il y a donc un grand salon, une salle à manger, la cuisine et une salle de bains avec douche. J'ai une machine à laver qui date du début du siècle, et qui demande donc d'être là pour faire une lessive: faut lui allumer le robinet, tourner les boutons soi-même, passer les fringues du bac de lavage à la centrifugeuse pour l'essorage. Mais bon, c'est mieux que d'avoir à tout laver à la main comme au Bangladesh. C'est aussi possible de trouver des machines modernes, mais j'ai juste pas eu de chance sur ce coup-là. J'ai aussi un grand frigo avec congélo et une cuisinière à gaz (avec un four!! c'est pas du tout la norme, ici, alors tant mieux: ça contrebalance avec la machine rustique).

 

L'escalier, dans le salon, monte à l'étage, où il y a deux grandes chambres avec grands lits (un King-Size dans ma chambre!), climatisation et grands meubles de rangement. Il y a aussi un bureau (avec un bureau en fer tout laid) et une salle de bain avec baignoire et eau par intermittence. En fait, le proprio m'a expliqué que c'est parce que le niveau du Mékong étant bas (fin de la saison sèche), ils sont obligés de faire une répartition à la baisse. Et donc j'ai de l'eau en bas mais pas en eau. Vivement la saison des pluies!! (enfin, euh, juste pour cet aspect-là).

Et y'a un jardinet autour, avec quelques arbres, dont un manguier et un cocotier, c'est ce qui a fait que j'ai craqué pour cette maison-là.

Donc y'a de la place!!!

 

Finalement, mon appareil photo a décidé de marcher, comme ça, sans raison, alors que mon ordi flanche un peu... donc vous aurez des photos faites par moi, au final! (enfin, pas tout le temps non plus...)

Sinon, je n'ai pas vraiment d'accès au net (d'où la longueur de mon mail): à la fac, l'ordi est plein de virus, et je passe pas très souvent au Centre de Langues. Et y'a mon ordi qui meurt petit à petit (normal, vu qu'on vient de dépasser la date de garantie). Il veut plus charger ma batterie, et je suis obligée de remettre l'heure et la date à chaque fois que je l'allume. Gnaaaaaah...

 

Hier, j'ai fait ma première chute en scoot: rien de grave, je me suis juste érafflé (pas sûre de l'orthographe) l'épaule et le genou, en voulant éviter un gros trou précédé de gravier (d'où glisse molle sur les cailloux). Mon scoot a eu un peu de mal, mais j'ai pu le réparer... Ca me saoule que ça se passe toujours comme ça. Mais bon, hein, même au patin à glace je tombe encore par terre avant de pouvoir me lancer à toute vitesse tranquille.


Si vous voulez  venir me voir, c'est à partir de mi-juillet (même si c'est la saison des pluies...)(et pas la peine d'emmener une voiture, y'a mon scoot)(s'il reste en vie d'ici là, Inch'Allah). A bon entendeur...

Ciao!! (bon, ok, je sais pas encore dire aurevoir en lao, mais y'a trois manières de le dire!)
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Nyko 13/06/2007 23:11

Pour dire aurevoir à quelqu'un qui part je crois que c'est "laa kawn pai kawn" ce qui donne avec un accent de franchouillard un truc proche de "la conne pas conne" ce qui fait tout drole quand on le prononce...
Par contre quand c'est toi qui part c'est "Sok dii" ce qui veut dire bonne chance
Et pour les feignants tu dis Sabaii dii, c'est facile c'est pareil que pour dire bonjour!!!
Pardon si je dis des bétises je ne suis pas lao à plein temps...