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Publié par Aline - prof de FLE

Vous l'attendiez, la voili, la voilà, la suite de mes aventures au Laos… J'avouerais qu'il m'a fallu du temps avant de m'y remettre, même si depuis la dernière fois il s'est passé plein de choses. J'aurais dû m'y mettre ce matin (commencé à écrire tout ça dimanche dernier), mais vu qu'on est rentrées sous la pluie battante à 4h du mat', après une soirée chez une copine, dans une maison assez grande avec un jardin sublissime (allées de palmiers, mandarinier, herbe fraîche et petits chats), à danser presque exclusivement sur de la musique latino avec des amérique-du-sudiens (guatémaltèque, argentine, colombiens, brésilienne…), à parler espagnol en mangeant des rouleaux de printemps et des feuilles de viande de bœuf séchée aux grains de sésame… j'étais plutôt crevée. Et y'avait les cours à préparer aussi. Donc je m'y mets que maintenant, avant de céder à la tentation de reporter ça à une autre fois et de ne plus pouvoir écrire quoi que ce soit à cause du cumul d'information.

En parlant d'informations, d'ailleurs, ce qui fait les gros titres, ici, c'est des trucs du genre « les arbres plantés pour la Fête du travail ne poussent pas », ou « les jeunes esclaves de la mode » (où on parle de l'influence des marques, etc…), ou encore des trucs sur l'exploitation du cahoutchouc (dans le nord de la Thaïlande et un peu plus au nord d'ici, ils brûlent toutes les forêts pour planter de l'hévéa, ce qui est pas très malin, mais rentable (logique capitalo-sarkozienne, quand tu tiendras la France, on ira virer les sapins plantés dans le Morvan (ce qui est déjà une infamie) pour y mettre de l'hévéa aussi ?) et, quand ça arrive, des trucs sur l'Asean. Quand même. D'ailleurs, je tiens à dire qu'ici, Ségo l'emportait sur Sarko (240 voix contre 180, je crois), donc je pourrais avoir des envies de rester plus que deux ans, au moins cinq… ☺ Ce qui vous laissera largement le temps de venir oublier les CRS sous les tropiques ?

Bon, je ferme la parenthèse énervée… j'ai à vous raconter l'expédition à la recherche de l'empreinte de Bouddha du week-end dernier.

Dimanche dernier, alors qu'on avait passé la journée de samedi enfermées à regarder la pluie tomber, on a décidé, malgré le temps plus que maussade, de prendre le scoot et de partir voir de la campagne, du vert. C'est vrai qu'il y a des palmiers et des manguiers à tous les coins de rue (à commencer par les coins de mon jardin), mais c'est comme les platanes en ville, ça calme pas les envies de vert. Dans ce puits d'informations approximatives qu'est le Guide du Routard, on a sélectionné …. ??, où on pourrait voir « une empreinte du Bouddha, à l'entrée de grottes formées par les éboulis rocheux », à une vingtaine de kilomètres de Vientiane. Et atteignable seulement en saison sèche. Bon, ok, c'est vrai qu'il pleut pas mal quand il pleut en ce moment, mais dans un mois, ça sera beaucoup plus régulier. Disons qu'on est en saison presque-plus-sèche. Ce qui fait que sur la route, il a fallu faire deux ou trois escales enfilage-de-poncho pour ne pas être totalement détrempées, et c'était très étrange parce qu'on aurait dit qu'il ne pleuvait qu'à certains endroits : on mettait notre poncho avant de passer sous un nuage, et 500m plus loin, c'était totalement sec. Il doit y avoir une certaine logique, parce qu'on était les seules à être en poncho (en sachant qu'ils sont en plastique de bouée). Au final, on a totalement laissé tomber, et ça tombait bien, parce qu'il n'a plus plu.

Au village d'où partait la route pour l'empreinte, il s'est avéré que c'était un chemin de terre qui, heureusement, n'avait pas servi de passage pour les nuages et n'était donc que légèrement  boueux. Mais c'était quand même un challenge de rouler dans la boue rouge, toute crispée sur mon guidon, avec quelques arrêts-photo (des buffles, un lac avec arbres morts et pêcheurs-chapeau-pointu). Ceci pendant 2 km, un petit bout de temps, et là on voit un panneau « tourist area », une petite hutte pour une personne avec un vieux monsieur dedans, qui est venu nous vendre des tickets en disant que oui, on pouvait très bien aller voir l'empreinte à scoot. Disons qu'avec un moto-cross, oui. Devant la première montée rocheuse, on a préféré y aller à pied : deux kilomètres, ça use pas trop. Enfin, sauf quand on n'a que de l'eau, qu'il fait une chaleur terrible… j'en voyais plus le bout.

Mais ça a fini par donner sur un endroit avec des maisons sur pilotis, en haut d'une colline… avec une pagode en construction depuis longtemps (il n'y avait que le toît et les piliers, qui avaient l'air de tomber en ruine sans avoir jamais été finis…), avec un scoot devant. Des gens nous on regardées passer de loin, sans rien dire, et on est allées vers les éboulis, à la recherche d'une grotte. Qu'on n'a pas trouvée. Et donc pas d'empreinte de Bouddha. Je suppose que c'était indiqué sur les quelques panneaux parsemés le long d'un sentier entre les pierres, mais faudra revenir vérifier après avoir appris à lire l'alphabet lao. Le sentier nous a menées devant des pierres à escalader, et là, une vue magnifique sur la forêt, jusqu'aux montagnes au loin…  avec de gros nuages bien lourds. Et en plus, j'avais hyper faim. Donc photo, oh c'est beau !... un peu d'eau, et retour sur le sentier.

On s'approche quand même des autochtones, qui ne bronchent pas, à part une voix sous une petite terrasse ombragée, qui nous propose un café. Pas de chance, on n'aime pas le café. Y'aurait pas du thé, non, plutôt ? Voire un sandwich, un truc à manger, n'importe quoi, mais pas du café ?? Histoire de pas être totalement malpolies, on s'approche pour voir de qui vient la voix, et c'est un bonze (non, pas une statue en bronze… : un moine bouddhiste). Torse poil. Assis en tailleur avec sa toge/robe (faudra que je me renseigne sur le mot) autour des hanches. Ce qui n'est pas du tout usuel, chez le bonze moyen. Faut dire qu'il avait une roue sur la tête. Et une autre sur le torse. Ce qui n'est pas usuel non plus, même pas chez les non-bonzes (que nous sommes vous et moi). En fait, il était totalement tatoué (enfin, au moins sur les parties de lui qu'on voyait, je lui ai pas demandé pour le reste). Et il était là, tranquille, tatoué, à nous proposer du café comme si de rien n'était. On n'est pas restées discuter plus longtemps, la faim et les nuages pressant, et aussi pour des raisons de problèmes linguistiques, mais finalement c'était tellement surprenant comme rencontre qu'on n'a même pas été déçues de ne pas avoir trouvé l'empreinte de Bouddha, et on est reparties, guillerettes.

Au repère à touristes, j'ai acheté une boisson qui s'est révélée être du café glacé à un petit garçon dans une échoppe comme on en voit un peu partout ici, histoire de calmer ma dalle le temps de faire un tour vers la deuxième partie touristique du lieu, à 300m de là, avec des singes en cage, des restaus et des barques pour aller sur le lac. Sans eau et sans touristes, c'était un peu glauque.
Donc retour au village, où c'était la folie : un gros concert dans une rizière asséchée, des stands de nourriture bizarre : riz violet dans des bambous, palettes de riz, brochettes de grenouilles (et grenouilles qui attendent d'être embrochettées à côté de leurs copines cuites), ou de morceau indéterminé à l'intérieur du bœuf, pas très bon, et peu ragoûtant, de toute façon. Le riz violet est vraiment bon, par contre.

Un homme nous a expliqué que c'était la fête des fusées, pour faire venir la pluie à la fin de la saison sèche. Vu qu'il pleut déjà depuis une semaine, j'imagine que c'est pour dire à la pluie de rester… ce qui a été d'une inefficacité totale, vu que depuis lundi et jusqu'à vendredi, il n'a plu du tout. Ou alors c'est qu'il lui faut le temps de se décider, à la pluie.
En tout cas, des groupes de gens avaient fabriqué des fusées artisanales (ce seraient des fusées élaborées par des bonzes…information à vérifier), et les lançaient d'un échaffaudage tout aussi artisanal. Opération plutôt inquiétante, vu qu'en plus de brandir les fusées, tout le monde (bon, j'exagère : beaucoup de monde) brandissait des bouteilles de bière.

En fait, lancer des fusées dans le ciel ferait arriver la pluie, et à ce qu'il paraît, en Thaïlande et en Chine, quand la sècheresse menace, les autorités (autoritaires ou non) font pleuvoir en envoyant des neutrons, ou des protons (ou un autre truc en –on, mais pas de la salade de thon)(ni du saumon) dans l'air… info à vérifier aussi. Quoiqu'il en soit, c'est une occasion de faire la fête joyeusement dans la boue, style Woodstock en plus petit, et avec un équivalent Lao de Patrick Sébastien sur scène.

Sur la route du retour, on s'est arrêtées dans un marché couvert pour acheter des provisions, et au vu des poissons vivants et autres choses gluantes, on s'est rabattues sur les fruits, les desserts, à base de farine de riz, de riz, de lait de coco… et voilà.


BON APPETIT!!!
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